Que faire pour
rendre nos bibliothèques attrayantes et répondant aux besoins des publics
larges et diversifiés ?
C’est la question qui préoccupe mes
pensées jour et nuit en qualité de
président de l’Association pour la Promotion de la Culture (APC), association
sans but lucratif de droit congolais qui
exerce principalement dans le domaine de la documentation et de
l’information. Il est vrai, certes, que
la carence des professionnels de l’information et de la documentation est
criante dans le grand Katanga. Qui plus est, ceux qui exercent sont très peu
motivés à tel point qu’ils se désintéressent totalement de leur profession et
se convertissent à d’autres métiers ; notamment la carrière
d’enseignant. Ce faisant, il est très
difficile de conserver et former une équipe des professionnels, un corps
pour ce métier. Les professionnels du
métier de l’information et la
documentation devraient être retrouvés
en général dans les
établissements d’enseignement primaire,
secondaire et universitaire où on devrait trouver obligatoirement une bibliothèque,
une médiathèque ou un centre de documentation.
L’ensemble des entreprises,
institutions étatiques, para-étatiques et privées prévoient dans leurs
organigrammes les postes de gestionnaires de l’information et de la
documentation; qui curieusement on y trouve pas des agents y affectés. La
Générale des Carrières et des Mines (GCM) et la Société Nationale de Chemin de
fer Congolais (SNCC) étaient les seules entreprises étatiques au sein
desquelles étaient organisés des
bibliothèques et des centres de documentation. Suite aux réformes
institutionnelles et la faillite, ces entreprises ont perdu leur estime dans le
domaine de l’information et de la documentation. La GCM, contrairement à la
SNCC qui a tout perdu, garde encore ses bibliothèques en dépit de peu d’intérêt
que la classe dirigeante y accorde. Avec un peu de volonté, le service de
communication qui gère les structures documentaires de la GCM peut revaloriser
ce secteur combien important.
Il
faut reconnaître cependant les efforts que fournissent les institutions privées
qui organisent les bibliothèques au bénéfice du public. C’est le cas des
salésiens de Don Bosco, les Jésuites, les universités privées, notamment l’Université
Nouveaux Horizons (UNH), l’Ecole Supérieure d’Informatique Salama (ESIS), l’École
Age d’Or, l’École Les Calinours, …
Du coté étatique, c’est ici le lieu
de reconnaître également le mérite du gouvernement provincial du Lualaba que
dirige Son Excellence Richard MUYEJ MANGEZ MANS, qui nonobstant les multiples
engagements pour développer la province, a compris que la bibliothèque dans une
ville fait partie des signes distinctifs d’un peuple évolué. C’est dans ce fils droit d’idées qu’une
Bibliothèque provinciale est en chantier
sur le site de Musompo. Cette bibliothèque sera une première dans l’histoire
des bibliothèques provinciales de la RDC. Exemple à suivre et modèle à imiter.
Face
à toutes ces réalités, l’Association pour la Promotion de la Culture que je
dirige ne doit pas rester en marge. Elle se donne la mission d’accompagner les
uns et les autres dans leurs efforts en vue de bâtir une société congolaise
forte empreint de valeurs culturelles et scientifiques favorisant l’émergence
de l’élite. Pour se faire, elle s’y prend dans un premier temps à organiser de sessions
de formation à l’intention des gestionnaires des bibliothèques afin de créer un
corps de professionnels outillés pour être à la hauteur des tâches qu’on attend
d’eux.
Alphonse TSHIBINDI KANDOLO


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire